Troisième battle ! La contrainte était d'insérer un Haiku dans le texte !

 

La fleur des neiges

 

C’était un endroit magnifique, le lac qui entourait presque entièrement le chalet était totalement gelé. Un oiseau jouait sur la glace fine. Les sapins qui semblaient atteindre les nuages étaient recouverts d’un manteau de neige.
Je pris mes raquettes sur le côté de la porte et commençai à marcher dans la neige fraiche. Je pris mon chemin de balade habituel, celui qui montait au-dessus de la colline. J’aimais beaucoup faire des raquettes durant les vacances. Cela m’apaisait et me vidait, bien que je vive seule dans cette vallée.
Après plusieurs heures de montée, j’arrivai enfin en haut. La vue était imprenable, époustouflante. L’endroit dominait toute la vallée isolée et déserte. L’air me manquait à cette altitude. 
Je me trouvais dans une petite clairière entourée de conifères dont l’odeur me chatouillait les narines. Rien ne changeait de d’habitude, si ce n’était qu’une pierre aussi grande que ma main était à moitié recouverte de neige, à mes pieds. Je me penchai. Une écriture gracieuse y était inscrite : 

Si belle et si rare,
Triste soit-elle esseulée :
La fleur enneigée.


Un rayon de soleil illumina un petit espace dans la neige, et telle une apparition, j’aperçus une fleur, qui attira mon regard tel un aimant. Comme si elle m’attirait. Elle était si belle. 
« Un edelweiss… »
Je trouvais cela étonnant qu’un edelweiss pousse dans la neige au mois de décembre. Et en si basse altitude ! 
J’étais absorbée par sa contemplation, comme par magie. Je ne pouvais détourner mon regard de sa beauté froide et blanche, telle la beauté de la neige. Elle semblait faire toute la beauté de ce lieu. Elle absorbait toute la beauté et la reflétait à travers elle. Rien n’était plus beau qu’elle. 
Cette fleur me ressemblait. Triste et seule. Triste par sa solitude. Cette solitude que l’on trouve dans une vallée isolée de la montagne… Cette tristesse d’être seule… Ainsi allait la vie.