Le parchemin est l'un des livres que j'écris. J'en suis, au 1er avril 2013, à la page 36. 

L'histoire ? Un parchemin étrange et qui semble dangereux est remis à Coralise. Que cache-t-il ? 


 

Chapitre 1 : Un beau gosse

trop louche

 

 

 

  - Il est trop canon.

  Telle est la déclaration de ma meilleure amie, Aléanice, qui venait une fois de plus de flasher sur un garçon (en l'occurrence, trop canon). Je la connais depuis la seconde et en trois ans, elle avait dit cette phrase une centaine de fois, au moins. Pour tout dire, je ne compte plus depuis une éternité ! Petite anecdote : l'an dernier, elle a failli retaper son année de première car elle avait passé ses épreuves du bac de français et d'histoire les yeux rivés sur un garçon de 1èreS3 au lieu de sa copie. Au final, elle démarre la terminale avec déjà cinq points de retard. Mais ce n'est qu'une anecdote. De plus, elle ne réussit jamais à rester avec tel ou tel garçon trop canon plus d'une semaine, car à chaque fois, elle se trouve un autre garçon trop canon. Bref, c'est un cercle vicieux. Et enfin, le pire à dire, elle a un petit-ami ! Non pas que je traite ma meilleure amie d'infidèle. Non, non. Son petit-ami est l'un des rares (le seul je crois), avec qui elle est restée plus de deux mois ! Apparemment, elle a dû sortir avec tous les mecs trop canon du lycée Jean-Michel, et maintenant, il y a rupture de stock !!

  Je me retourne, afin de découvrir qui se cache derrière le nouveau mec trop canon de ce lycée trop pourri. Mais ce gars-là, c'est vraiment le plus canon que Aléanice n'ai jamais trouvé. Les cheveux blonds comme les blés, coiffés tel un surfeur d’Hawaï, d’une incroyable beauté. Il porte des lunettes Dolce et Gabanna, rien que ça, un blouson en cuir et un jean déchiré au niveau des genoux. On dirait un rockeur des années 70.

  Je ne dis pas de que je suis tombée amoureuse du premier regard ou un truc dans le genre. Au contraire, ce beau gosse me paraît louche. Trop louche, même. Il fait beaucoup trop mystérieux, et après tous les évènements qui précèdent ce jour, je préfère être sur mes gardes.

  Je le regarde droit dans les yeux, histoire de dire « Fait gaffe ». En vérité, je le regarde plutôt droit dans les lunettes. Je sais qu’Aléanice se laisse embobiner par les mecs trop facilement. Et je ne veux pas que ce beau gosse trop louche vienne semer la zizanie. Remarque à part, la zizanie est déjà là, en fait. Et cette vérité me crève le cœur. Il s’est passé beaucoup trop de choses ces dernières semaines.

  Lorsqu’il retire ses lunettes, qui soit disant passant doivent coûter une fortune, ses yeux bleus acier m’hypnotisent et me regardent, m’examinant de la tête aux pieds. Il semble ne regarder que moi, ne voir que moi. Il n’accorde même pas un regard à ma meilleure amie. Il s’approche de nous, avec une dégaine de beau gosse, pour rester dans le personnage, et toujours il me regarde. Il ne regarde pas où il marche, ses yeux sont rivés sur moi et que moi. Il ne les détourne pas.

-         Bonjour, nous salue-t-il en arrivant à nos côtés.

  Mon Dieu, pourquoi donc est-il venu ici, nous saluer nous, alors que nous sommes tranquilles et qu’il y a des centaines d’autres lycéens, et filles, si tel est son but ?

-         Salut, répond Aléanice d’un ton que je connais que trop.

  Ce ton si spécial, c’est quand un garçon lui plaît et qu’elle veut sortir avec lui et donc qu’elle fait sa dragueuse avec sa petite voix mielleuse, qui me dégoûte. Si je ne connaissais pas Aléanice comme je la connais, c’est-à-dire  un peu fofolle et marrante, je la prendrais pour une fille de genre de Chloé, un peu pétasse et qui se la pète avec un sac à main Louis Vuitton et limite le chihuahua sous le bras. Du genre Paris Hilton. Sauf qu’Aléanice n’est pas blonde, ni n’a la peau blanche comme un linge. Au contraire, elle a la peau noire et les cheveux tout aussi noirs, qui retombent en une énorme natte dans le dos.

-         Bonjour, je dis en ne le regardant même pas.

  Je n’aime pas ce gars, alors je ne vois pas pourquoi je lui parlerais poliment. Il n’a qu’à partir, s’il n’est pas content !

-         Excuse-la. Elle est un peu perturbée depuis le tragique accident qui s’est passé, explique Aléanice.

  Un peu perturbée ?! Perturbée ?! Ma mère est morte ! Quasiment sous mes yeux. Ma mère adorée… Et depuis, je suis obligée de vivre chez mon père et sa blondasse de chérie.

-         Je suis vraiment désolé, je ne savais pas, s’excuse-t-il.

  Je sens à mes côtés qu’Aléanice est totalement sous le charme de ce bel inconnu. Suis-je la seule à trouver qu’il essaye de faire le tout gentil en s’excusant tout mielleux. Il est louche, tu es louche, beau gosse, et je ne te sens pas, alors va tenter ta chance ailleurs et ne t’approche pas d’Aléanice.

  Si seulement j’avais eu le courage de le lui dire en face.

-         Comment deux jeunes filles aussi jolies ne nomment ?

  Mon Dieu. Tout ce qu’il ne faut pas dire. Aléanice ne va pas arrêter de parler de lui. Si vous êtes un beau gosse, ne jamais dire à mon amie qu’elle est jolie. Après, vous êtes harcelé au point d’en devenir dingue et c’est foutu d’avance… D’ailleurs, elle glousse comme une débile.

-         Moi, c’est Aléanice, lui répond ma meilleure amie sur le même ton de dragueuse.

-         Quel prénom peu commun…

-         Et ouai, je suis hors de commun.

  Sa tournure de phrase laisse penser à beaucoup d’interprétations.

  Il se tourne vers moi et me regarde dans les yeux. Ses yeux acier me traversent l’âme comme un poignard. J’ai l’impression affreuse qu’il lit en moi, s’approprie mes souvenirs, mes sentiments, mon âme…

-         Et toi ?

  Je ne lui réponds pas. Je ne veux pas lui parler. Je n’aime pas parler aux gens et je n’aime pas y être obligée. Qu’est-ce que mon nom peut bien lui faire ?

  Voyant que je ne réponds pas, Aléanice me pousse du coude.

-         Allez, Cora, fais pas ta timide.

  Mais rien. Je refuse de parler.

-         Elle s’appelle Coralise. Mais ne t’inquiète pas, elle n’est pas muette, c’est juste qu’elle est un peu réservée et parfois froide. N’est-ce pas, Cora ?

-         Moui…

-         Et toi, tu t’appelles comment ?

-         Gaétan.

  Gaétan. Le beau gosse trop louche s’appelle Gaétan.