Chapitre 2

 

 

 

 

  Le lendemain, je me réveillai de très bonne humeur. Je m’habillai et allai prendre mon petit-déjeuner. Je ne savais pas pourquoi, mais ma mère était là. Remarquez, je ne savais pas vraiment quand elle travaillait. C'était pour parler un peu !

  Nous avions maths en début de matinée. Le professeur nous rendit les interrogations surprises. J’avais un 9. Après l’avoir corrigé, nous avons continué la leçon, quand, tout à coup, un coup de tonnerre résonna. Pourtant la météo annonçait beau toute la semaine. Je vous l'avais dit de ne pas croire la météo. Après avoir tourné la tête vers les jumelles, je remarquai que Luna était prise de panique à l’entente d’un deuxième coup de tonnerre. Elle regarda la fenêtre avec un regard apeuré. Cinq minutes plus tard, le soleil revint, aussi vite qu'il était partit.

  Luna ne me parla pas lors du cours de science. Elle était toujours paniquée, pourtant, il n’y avait plus de tonnerre. Elle murmura quelque chose d’incompréhensible. J’essayai en vain de comprendre si c’était à cause de moi ou pas. Cela me mettait en peine. C'était comme si ce bref orage annonçait la fin du monde.

  Au réfectoire, je me posai plein de question : « Pourquoi quand le tonnerre avait frappé, Luna commençait-elle à avoir peur ? » ou encore : « Pourquoi Luna ne m’a pas adressé la parole en cours de science ? » J’ai aussi remarqué qu’elle avait l’air de réfléchir et que plus elle réfléchissait, plus elle avait peur. Mais bon, ça, c'était moi, toujours à trop réfléchir et à penser à des trucs incroyables pour de simples petites histoires. Je cherchais des mystères et des secrets partout.

  En cours de sport, nous avons fait cross. Je n’aimais pas ça car après j’étais fatiguée et je ne pouvais plus suivre les cours qui suivait. Je n’étais pas la seule à remarquer que des gros nuages s’avançaient sur nous. Et ils allaient aussi vite que ce matin. Luna avait les yeux fixés sur les nuages gris qui fonçaient. Après dix minutes de sport, un coup de tonnerre frappa à, au moins, deux cents mètres de nous. Jamais je n'avais vu un éclair frapper si près. C'était impossible ! Je ne pus m'empêcher de hurler, tout comme tout le monde. En tout cas, Luna n’était pas la seule à être prise de panique. Mais Luna était figé, alors que tout le monde courrait dans tous les sens. Notre professeur nous demanda de nous calmer et il nous fit rentrer au collège. Comme tout le monde étaient bouleversé, la principale nous promis d’appeler nos parents pour qu’ils viennent nous chercher.

   - Je n’ai pas réussi à joindre vos parents, les filles, s’excusa la principale à Luna et Clémence, et je crains que vous n’alliez devoir rester jusqu’à la fin de la journée.

  Ma mère vient me chercher sur les dernières paroles de la principale. Elle était très inquiète, ça se lisait sur son visage. Si moi je cherchais les mystères partout, ma mère cherchait et surtout voyait le malheur partout.

   - Oh ! Ma chérie ! Ça va ? Tu n’as rien ? J’ai eu tellement peur, tu sais ?

  La honte... J'allais avoir quinze ans tout de même. J'essayais de la presser, pour qu'on s'en aille d'ici, avant que je me tape la honte de ma vie.

  - C’est bon, maman. Je vais bien, dis-je, étouffée par son étreinte.

   - Mais j’ai eu tellement peur et …

   - Tu me l’as déjà dit, maman.

  Elle fit la sourde oreille et me dit :

   - Allez. On ne va pas s’éterniser ici. On rentre.

  Je n'aurais pas dit mieux.

  En rentrant chez moi, mon téléphone portable sonna. C’était Lola. Elle m’expliqua que nous n’allions plus faire cross en sport mais gym. Mouais. Je n'étais pas plus forte en gym qu'en cross.

   - Tu sais, me dit-elle, une des jumelles et toi, vous allez devenir amies. C’est sur : premièrement, tu es la première qui s’assoit à côté d’elle et deuxièmement, tu es la première à lui parler. Ah ! Au fait, avant que j'oublie ! Tu es là demain après-midi ?

   - Oui, pourquoi ?

   - Tu voudrais venir chez moi ? me proposa-t-elle. Je n'ai rien à faire.

   - Ouais. À quelle heure ? Pas trop tôt car c’est mon anniversaire

  - Tu pourrais venir fêter ton anniversaire chez moi, il n’y a pas mes parents. Oh je sens que ça va être cool !

   - C'est super, mais je viens à quelle heure ?

   - Vers deux heures.

   - OK.

  Aller chez Lola me changerait les idées. Je pensais aux soirées que l'on se faisait avec mes amies de Marseille. Une bande de sept filles, à faire la fête. Mais peut-être qu'un petit truc improvisé n'était pas si mal.

  Je descendis voir ma mère pour lui annoncer ma note. Je ne savais pas quoi dire. Mais tout se passa assez bien. Mise à part un avertissement que si j’avais encore une mauvaise note, plus de portable. Docilement, je mis la table. Il n’était que dix-huit heures et ne nous mangions qu’à dix-neuf heures et demi. Mais bon. Lorsque mon père arriva, nous nous sommes mis à table.

   - Que faites-vous demain ? questionna ma mère.

   - Demain, répondit mon père, je vais à la pêche avec mes amis !

   - Mais tu n’aimes pas la pêche, répliqua ma mère.

  Ça, c’était vrai. Il détestait la pêche. Il trouvait stupide de rester une après-midi entière à pêcher des poissons qui ne viendront jamais, pour ensuite les relâcher car ils étaient trop petits.

   - Mais maintenant, j’aime, se défendit mon père.

   - Et toi, Natacha, que fais-tu ? me demanda ma mère.

   - J’irais chez Lola demain après-midi.

  - Bon. Je crois que je vais rester toute seule à la maison, soupira-t-elle. Et le soir, on fera ton anniversaire.

  Je commençai à faire la vaisselle quand mon père me dit :

   - C’est bon, Natacha. Je vais la faire, la vaisselle.

Je trouvais que c’était très gentil de sa part.

   - Merci papa, mais ce n’ai pas encore mon anniversaire. C’est demain.

   - Je sais bien. Maintenant va te coucher.

  Sans demander mon reste, je lui obéis.