Une septième battle contre Lyson sur le thème de la fin de l'année scolaire avec comme contrainte de ne pas utiliser le "je".


 

___Il fait chaud ce jour-là. C’est la dernière journée de cours de l’année, plus précisément la dernière heure, et la seule chose que les élèves attendent est la sonnerie qui marquera la fin de l’année scolaire. Tu ne fais pas exception. Toi aussi tu attends cette sonnerie.
___Personne n’écoute le professeur, l’un des seuls qui veut absolument finir son programme, donc pas de jeux, comme dans les autres matières. Les élèves se parlent, rient, certains chantent, d’autres jouent d’un bout à l’autre de la salle au pendu… Les occupations ne manquent pas. Certains même écoutent le professeur, mais ceux-ci sont rares.
___Seule toi fais quelque chose de totalement différent. Tu t’es enfermée dans ta bulle, te coupant de tous ces amusements pour écrire. Personne ne fait jamais attention à ce que tu écris, sauf moi. Mais toi, tu n’as pas fait attention à moi cette année. Jamais tu ne m’as regardé. Non…
___Tu relèves la tête et regardes ce garçon que tu trouves si beau, si intéressant, qui se trouve devant toi. Il se retourne et te sourit. 
___Oh, comme tu en es amoureuse, et comme il t’aime aussi. Mais personne ne t’aime plus que moi. Si seulement tu pouvais croiser mon regard…
___Enfin la sonnerie retentit. Tout le monde se précipite dehors, sous le soleil de plomb, en hurlant. Le brouhaha est terrible. 
___Il te prend par la main, t’enlace et t’embrasse au milieu de cette vague d’élèves qui se déverse sur le trottoir. Il te caresse les cheveux tandis que tu ris à une blague d’une de tes amies qui passe à côté de vous. Tu es si belle quand tu ris. 
___Puis tes autres amies te rejoignent. Là, vous parlez ce que vous allez faire de vos vacances, de vos projets, vous organisez déjà vos futures sorties en ville, au cinéma…
___Tu ne me vois pas avancer vers vous, personne ne me voit jamais.
___Tu joues avec une mèche de tes cheveux tandis que ton petit-ami te chuchote à l’oreille des mots doux. 
___Puis vient le temps des séparations. Ta meilleure amie part tout l’été faire un stage en Angleterre, et ne pas la voir pendant deux mois te brise le cœur. Tu pleures dans ses bras, ne voulant la laisser partir, et elle, elle essaye de te consoler, mais rien n’y fait. Tu as toujours été d’une grande sensibilité. Après que les larmes soient enfin parties, tu la laisses partir, tu dis au revoir aux autres, et pars main dans la main avec ton copain en direction de chez toi. 
___Et comme d’habitude, tu ne me vois pas te suivre.
___Tu te souviens de l’an dernier, oui, tu t’en souviens. C’était le dernier jour de cours aussi, mais il pleuvait des cordes, il faisait froid, la brume recouvrait toute la ville. 
___Oui, tu te souviens. Tu te souviens de la route ensanglantée, du bus arrêté, de mon corps meurtri, des cris d’horreur. Tu pleurais à chaudes larmes.
___Car tu m’aimais encore ce jour-là. Tu me voyais encore. 
___Oui, tu t’en souviens très bien. Tu as essayé de paraître heureuse, mais lorsque tu es seule ce soir-là, tu t’effondres en larmes.