Euh... je ne compte même plus le nombre de battles que j'ai faite, je crois que c'est la dixième ^^ 


 

___La petite fille aux cheveux couleur de miel était assise dans les escaliers, la tête posée contre le mur froidi par l’hiver interminable. Ses petits yeux argentés regardaient dans le vide, si tristes, si brillants de larmes. Ses petites mains étaient plaquées sur ses deux petites oreilles si rondes, l’une d’entre elle tenait fermement un petit lapin en peluche. Le sourire du pauvre petit lapin avait été supprimé, remplacé par une mine triste. Tout comme celui de celle à qui il appartenait.
___Les petites mains de la petite fille essayaient de lui faire entendre le silence, alors que la dispute des grandes personnes résonnait dans toute la maison. Elle attendait, demandant à celui qui l’écouterait là-haut de l’entendre, alors qu’elle était si petite. Elle lui demandait d’être forte et de pouvoir calmer les gens si grands autour d’elle. Elle voulait être grande, pour pouvoir demander aux grands d’arrêter, mais elle ne le pouvait pas. Elle était petite.
___Elle ne comprenait pas les mots de la dispute, elle n’entendait qu’un brouhaha incompréhensible. Elle discerna un grand cri de douleur, serra les yeux encore plus fort pour ne pas pleurer, pour oublier qu’elle était là et pour oublier ce qu’il se passait à l’étage. Mais elle sut que c’était fini. La dispute.
___Car elle n’entendait plus rien.
___Pas une vibration, pas un mot.
___Lentement, ses petites mains quittèrent ses petites oreilles et inévitablement, le pauvre petit lapin tomba sur la marche inférieure. La petite fille n’y fit pas attention. Elle se releva tout doucement et monta une à une les marches, retenant sa respiration et évitant de faire craquer les marches si vieilles sous son petit poids, comme si elle avait peur de se faire entendre.
___Tout aussi délicatement, elle tourna la poignée de la porte d’où étaient venus les cris. Elle passa sa petite tête dans l’entrebâillement. Là, elle vit sa mère allongée à terre, la tête tournée dans un angle insolite, du sang chaud et rouge sortant du sommet de son crâne.
___La petite fille ne comprit pas tout de suite. Elle ne comprit vraiment seulement quand elle releva ses petits yeux sur son père, si grand devant elle. Il haletait, avant de hurler et de tomber à genoux près de sa femme, gisant à terre. La petite fille laissa échapper un petit cri de sa petite gorge. Son père l’aperçut. Celui-ci se releva violemment, voulant visiblement s’expliquer avec sa fille, mais la petite prit peur en voyant la main de son père rougie du sang de sa mère. C’est pourquoi elle s’enfuît  lorsqu’il s’approcha trop d’elle.
___Elle ne courrait pas très vite avec ses petites jambes, mais dévala tout de même les escaliers à une vitesse prodigieuse. Elle hurlait et pleurait, les larmes roulant sur ses joues rosies par le froid mordant l’empêchaient d’y voir clair. Elle entendait son père crier son nom par-dessus ses propres cris. Elle passa devant son petit lapin sans lui accorder la moindre importance et celui-ci en sembla plus triste encore.
___Elle ouvrit la porte qui menait dehors à la volée, et entendit au même moment un grand vacarme derrière elle. Tout en courant, elle se retourna, vit son petit lapin en peluche aux pieds des escaliers, son père allongé au sol, la tête fracassé contre la première marche, le sang coulant sur la pierre dure et froide.
___Elle ne vit la marche glacée devant elle.
___Elle sombra.

___L’adolescente ouvrit brutalement les yeux. Tout lui revenait. Elle n’avait jamais su pourquoi elle s’était retrouvée dans cet orphelinat froid et humide. Aujourd’hui, tout lui revenait. Sa chute sur la glace lui avait causé un choc au cerveau, lui faisant oublier cette journée horrible.
___Elle était grande maintenant et elle comprenait tout.
Tout était de sa faute. Elle était la cause de cette dispute, la cause de la mort de ses deux parents. Elle pleura longtemps à repenser à ce triste souvenir de sa mémoire. Elle ne savait comment elle pourrait vivre avec ce souvenir qui venait de resurgir.
___Non, elle ne le pouvait pas. Peut-être que son esprit lui avait fait oublier pour la préserver, mais il n’avait pas été assez fort.
___L’orpheline quitta discrètement les dortoirs, puis l’orphelinat.
___On ne la revit plus jamais.