Les p'tites histoires de Mae

28 mars 2013

Bienvenue dans mon monde !

Hello tout le monde ! Certains me connaissent déjà, je suis Maeleo, mais appelez moi Mae ! En effet, c'est mon 4ème blog !

Ici, comme je l'ai dit dans la description, je vous ferais découvrir des extraits de mes histoires ou des nouvelles courtes que j'ai écrit ! Ah, et aussi les textes des battles littéraires que je fais sur Sims Artist ! Car oui, pour ceux qui ne me connaissent pas, j'aime les sims ! :D

Je n'ai qu'une passion : écrire (peut être les sims aussi, mais c'est pas comme ça que je vais avancer dans la vie ! ^^). Quand on me demande ce que je veux faire de ma vie, je réponds écrire.

J'ai déjà écrit un livre, et j'ai des idées pour 5 autres livres (deux dans la continuité de celui que j'ai déjà écrit, et trois autres individuels, avec d'autres personnages et histoires) et de nombreuses nouvelles. D'ailleurs, je vais participer au prix Clara 2013 ainsi qu'à un concours interrégional (PIJA). Mes nouvelles sont quasiment prêtes à l'envoi. 

"Aucune reproduction, même partielle, autres que celles prévues à l'article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle, ne peut être faite de ce site sans 'autorisation expresse de l'auteur"

 

 

 

Je vous fait aussi un petit sommaire, c'est plus facile ! 

Alone in the dark

Chroniques que je tiendrai sur ce blog

Alone in the dark - prologue

Alone in the dark - chapitre 1

Alone in the dark - chapitre 2

-

Battles littéraires 

Battles littéraires :D

Les phénomènes étranges

Poésie hivernale

Vacances à la montagne

Demande en mariage

Chasse au trésor

Home sweet home

La fin de l'année scolaire

Premières vacances inoubliables entre copines

Que veux-tu faire quand tu seras grand ?

Triste souvenir

EMI (Expérience de Mort Imminente)

Halloween

-

Histoires diverses et variées

Nouvelles, textes courts... un peu de tout ! 

Jouons...

La tétralogie du petit lapin

Chères amies

-

Extraits

Extraits de mes histoires plus longues

Secrets d'un autre monde - chapitre 1

Secrets d'un autre Monde - chapitre 2

 

Secrets d'un autre Monde - chapitre 3

Le parchemin

Le parchemin - chapitre 2

Le parchemin - chapitre 3

Le parchemin - chapitre 4

Amours d'un autre Monde

Amours d'un autre Monde - chapitres 3 & 4

Félosia

-

Imaginez

Petits textes pour rêver

Rêves perdus

Le pouvoir du vent

-

Critiques inutiles

Critiques... qui ne servent à rien, mais je donne quand même mon avis sur les livres que je lis !

Critique d'"Angie, 13 ans, disparue"

Critique d'"Envoûtement"

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Jouons...

Voici une histoire que j'ai écrite au fur et à mesure que ça me venait, en jouant aux sims !

 

Prologue : 

Ma vie est parfaite. Certes, la routine se répète, mais elle est tout de même parfaite.

Je vis avec mon fiancé depuis un an dans ce grand appartement-terrasse de Bridgeport. De là, on voit toute la ville.

Oui, ma vie est parfaite. Jusqu'à ce jour... Ce jour où je fus invitée à jouer...

 

Cette histoire se trouve sur un autre blog, que vous trouverez en suivant ce lien : Jouons...

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Les phénomènes étranges

Je vous présente mon texte écrit lors de ma première battle littéraire contre Any.

La contrainte était de décrire un lieu. 

 

Dix heures moins dix. La sonnerie venait de retentir. Tout le monde sortit de la salle de classe et se rua dehors, où le soleil brillait. Cindy alla dans la direction opposée, vers les casiers, afin de récupérer un devoir important, qu'elle devait rendre l'heure suivante.
- Je vous rejoins après ! lança-t-elle à Sebastien, son meilleur ami.
Elle traversa le lycée à grands pas, voulant aller le plus vite pour pouvoir elle aussi profiter de la récréation. Elle finit par arriver dans le couloir principal, l'artère de ce lycée, là où tous les lycéens allaient et venaient, parlant, courant, fouillant dans les casiers, se remaquillant devant un miroir, échangeant des potins... Bref, il y avait toujours un brouhaha presque insupportable dans ce couloir. Et pourtant... Pourtant, aujourd'hui, en arrivant vers ce couloir, pas un bruit, pas un murmure.
Elle se trouvait au bout, les casiers multicolores lui faisaient face. À sa gauche, la porte vitrée menant au secrétariat était fermée, alors qu'elle était toujours grande ouverte, la secrétaire prête à accueillir les élève. Il n'y avait aucun élève devant les casiers, rien. L'endroit au carrelage hideux et à refaire et aux murs jaunâtres dépeints et déchirés était désert.
Un bruit sourd se fit entendre derrière la jeune fille, qui se retourna aussi vite que l'éclair. La porte venait de se fermer.
« Un coup de vent » pensa-t-elle.
Elle s'avança dans l'allée, le cœur battant à tout rompre. Tout cela était étrange. Oui, étrange était le mot. Rien n'était comme d'habitude.
« Pourquoi ce serait étrange ? » se gronda Cindy. « Il fait beau dehors, et un élève de terminale a dû sûrement lancer une bataille d'eau – bien que cela soit totalement interdit par le règlement. » tenta-t-elle de se rassurer.
Mais en vain. Sa peur l'envahissait petit à petit, l'obligeant à se mettre à courir pour atteindre son casier bleu. Elle haletait, les larmes lui piquaient les yeux. Elle aurait pleuré, oui, pleuré, si elle avait été sûre de ce qu'il se passait ici. Mais elle n'en savait rien. Elle ne savait pas ce qu'il se passait ici. Et pourquoi pleurer parce que les lycéens avaient déserté le couloir principal ?
La lumière s'éteignit d'un coup. Cindy s'arrêta net. Non. Ce n'était pas qu'une désertion. Il se passait réellement quelque chose de bizarre dans cet endroit. Quelque chose d'étrange, pas naturel.
« Arrête, Cindy, c'est stupide ! Le surnaturel n'existe pas ! Ce n'est qu'une coupure de courant. Rien de plus normal. Rien de plus normal. Pas de quoi s'inquiéter. Quoi de plus normal qu'une panne de courant ? »
Elle se répéta ces mots une dizaine de fois, le temps que la lumière revienne. Mais le fait que la lumière revienne n'enleva pas le poids de la peur dans le ventre de Cindy. Pire. Ce poids devenait plus grand encore.
Certes, la lumière était revenue. Elle était revenue en grésillant. Maintenant, les néons jaunes et vieux grésillaient dans un rythme saccadé, angoissant. Cindy observait ces néons, inquiète, paralysée, attendant la suite des évènements – car elle était sûre que ce n'était pas fini.
Cette fois-ci, la lumière partit complètement, plongeant la lycéenne dans le noir le plus total.
« Pas de panique. Ces néons sont vieux, ils ont juste pétés. »
Calmement, elle sortit son téléphone portable de sa poche et l'alluma. Il l'éclairait faiblement, mais c'était suffisant pour qu'elle sorte de ce lieu, tant pis pour le devoir. Elle s'avança à pas lents vers la grande porte par laquelle elle était entrée, cette grand porte en métal froid. Elle poussa et... la porte était verrouillée. Elle poussa plus fort, secouant la poignée frénétiquement, mais rien n'y faisait.
« Tu as le droit de paniquer maintenant, Cindy ».
Puis elle se souvint qu'elle avait vu la porte à l'autre bout du couloir ouverte. Sans réfléchir, elle courut aussi vite qu'un champion olympique, évitant de regarder autour d'elle, consciente qu'une mauvaise onde hantait ces lieux.
C'était une belle porte, sûrement la plus belle de tout le lycée, faite en bois et en verre. Elle tourna la poignée, certaine qu'elle s'ouvrirait. La première fois ne marcha pas.
« Allez ! Allez ! Mais ouvre-toi. »
La porte en décida autrement, la laissant seule et dans le noir. Cindy s'écroula par terre, en proie à une immense panique. Elle se recroquevilla, la tête dans les genoux et éclata en sanglots. Oui, elle pouvait pleurer maintenant. N'importe qui l'aurait fait.
Elle releva la tête au moment où les casiers multicolores s'ouvrirent tout seuls avec fracas, brisant les attaches, déformant les portes en métal. Les feuilles et les cahiers volèrent hors des casiers et atterrirent au centre de la pièce, en désordre, mélangés, jonchant désormais le sol, formant un immense tapis de feuilles de français, de maths, de philo, ou encore d'histoire. Une fois les casiers vidés, les portes de ceux-ci se refermèrent.
Cindy voulait hurler, taper par terre, casser, appeler à l'aide, mais elle n'y arrivait pas. Le cri qu'elle voulait pousser restait coincé au fond de sa gorge. Alors, elle respira lentement. Inspirer, expirer, inspirer, expirer... C'était la clé. Ses pleurs devinrent moins importants, les sanglots ne l'étouffaient plus. Elle était calme. Tout cela n'était qu'un rêve. Peut-être qu'elle s'était endormie lors du cours d'histoire ennuyeux. Elle aurait tellement aimé.
Cindy croyait être au bout de ce phénomène étrange. Elle croyait que tout était fini. Elle se releva lentement, afin de ne pas être prise de vertige. Elle s'appuya contre le mur en pensant qu'elle était ici car elle avait fait l'erreur d'oublier un stupide bout le papier dans son casier.
Au bout du couloir, un casier s'ouvra lentement, et le manque d'huile le faisait grincer. La jeune fille retint son souffle, apeurée. Pourquoi ce casier ? Qu'est-ce qu'il y avait donc dedans ? Elle n'osa l'imaginer.
« Non, ça n'existe pas. Les fantômes n’existent pas. »
Elle hurla à s'en déchirer les tympans. Elle hurla aussi fort qu'elle le pouvait, espérant se faire entendre. Non. Ce qu'il sortait du casier n'était pas réel.
L'ombre sans visage s'avança vers elle, lentement. Elle flottait à une trentaine de centimètres du sol. On aurait dit un fantôme drapé de noir. Cindy pouvait entendre sa respiration rauque et bruyante à travers ses hurlements. L'ombre se rapprochait toujours, jusqu'à presque la toucher. Cindy s'évanouit.

- Cindy ? Cindy, réveille-toi ! Cindy !
La lycéenne reconnut la voix de son ami.
- Seb ?
- Cindy, ça va ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Les lumières, les casiers, détruits, et les feuilles, bredouilla-t-elle, embrouillée. Là, les feuilles, les cahiers, partout. Par terre. L'ombre. Elle se rapprochait. Elle était là, tout près. Elle... Les portes, je ne pouvais pas m'enfuir. Je...
Elle pleura toutes les larmes de son corps sur l'épaule de son meilleur ami.
- C'est rien, sûrement un cauchemar. Allez, viens, ça a sonné.
Il aida son amie à se relever et elle vit que les lumières éclairaient plus que jamais, il n'y avait plus rien à terre, les casiers n'étaient pas déformés... Comme s'il ne s'était rien passé.
Sebastien l'accompagna jusqu'à son casier, afin qu'elle récupère ce pourquoi elle était venue, et c'est là qu'elle aperçut le casier vert au bout du couloir... ouvert.


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Rêves perdus

  Imaginez un paysage de montagne.

  Imaginez une immense vallée, en son centre un lac, la neige éternelle scintillante du haut des sommets.

  Imaginez les sapins, leur odeur, l’herbe tendre sous vos pieds, la brise froide vous mordant la joue.

  Imaginez un chalet, on y accèderait en montant les marches de bois ancrées dans le flanc même de la montagne.

  Imaginez la faune, la flore entourant ce chalet, le chant mélodieux des oiseaux qui vous berce.

  Imaginez une pièce en haut du chalet, une pièce avec tout ce que vous aimez, ce qui vous tient à cœur.

  Imaginez vos souvenirs les plus tendres, la seule chose qui vous tient à la vie, le paysage magnifique devant vos yeux.

  Imaginez… 

magnifique paysage

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31 mars 2013

Poésie hivernale

Voici le texte de ma seconde battle littéraire, qui consistait à écrire un poème hivernal. La contrainte était de faire trois strophes avec dans chaque trois vers monosyllabiques !

 

La princesse des Glaces



À travers le rideau de neige brumaire, 
Tel est le paysage :
Mer, 
De glace et de nuages.
Dans la vallée si
Basse, 
À travers les brumes tu passes, 
Crie, 
Là, 
Tu apparais devant moi. 

Belle, 
D’une beauté irréelle. 
Un flocon solitaire descend, 
Lentement, 
Blanc, 
Pareil à tes cheveux éclatants ;
Froid, 
De même que ton regard qui me glace d’effroi ;
Doux, 
Tel l’un de tes baisers sous le houx.

Et tu t’en vas aux Cieux, 
Et souffle le vent, 
Lent.
Seul, 
Devant ma tisane au tilleul
Je pense encore à…
Toi.
Ai-je une place, 
Dans ton cœur de… 
Glace ?


Pour ceux qui se demande pourquoi elle s'en va aux Cieux, elle n'est pas morte, c'est une déesse ! 

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Vacances à la montagne

Troisième battle ! La contrainte était d'insérer un Haiku dans le texte !

 

La fleur des neiges

 

C’était un endroit magnifique, le lac qui entourait presque entièrement le chalet était totalement gelé. Un oiseau jouait sur la glace fine. Les sapins qui semblaient atteindre les nuages étaient recouverts d’un manteau de neige.
Je pris mes raquettes sur le côté de la porte et commençai à marcher dans la neige fraiche. Je pris mon chemin de balade habituel, celui qui montait au-dessus de la colline. J’aimais beaucoup faire des raquettes durant les vacances. Cela m’apaisait et me vidait, bien que je vive seule dans cette vallée.
Après plusieurs heures de montée, j’arrivai enfin en haut. La vue était imprenable, époustouflante. L’endroit dominait toute la vallée isolée et déserte. L’air me manquait à cette altitude. 
Je me trouvais dans une petite clairière entourée de conifères dont l’odeur me chatouillait les narines. Rien ne changeait de d’habitude, si ce n’était qu’une pierre aussi grande que ma main était à moitié recouverte de neige, à mes pieds. Je me penchai. Une écriture gracieuse y était inscrite : 

Si belle et si rare,
Triste soit-elle esseulée :
La fleur enneigée.


Un rayon de soleil illumina un petit espace dans la neige, et telle une apparition, j’aperçus une fleur, qui attira mon regard tel un aimant. Comme si elle m’attirait. Elle était si belle. 
« Un edelweiss… »
Je trouvais cela étonnant qu’un edelweiss pousse dans la neige au mois de décembre. Et en si basse altitude ! 
J’étais absorbée par sa contemplation, comme par magie. Je ne pouvais détourner mon regard de sa beauté froide et blanche, telle la beauté de la neige. Elle semblait faire toute la beauté de ce lieu. Elle absorbait toute la beauté et la reflétait à travers elle. Rien n’était plus beau qu’elle. 
Cette fleur me ressemblait. Triste et seule. Triste par sa solitude. Cette solitude que l’on trouve dans une vallée isolée de la montagne… Cette tristesse d’être seule… Ainsi allait la vie.

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Secrets d'un autre monde - chapitre 1

Qu'est-ce que Secrets d'un autre monde ? Qu'est-ce que c'est ? C'est l'œuvre de ma vie (enfin, pour l'instant ! ^^). J'y ai consacré 5 ans, et voilà la résultat : 

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J'ai crée des dizaines de personnages différents, inventé leur histoire, leur passé. J'ai fini le l'écrire en octobre 2012 et finit la relecture en décembre 2012. J'ai même prévu un sorte de suite (qui se passe 20 ans plus tard) et une autre histoire qui raconte la vie passée du méchant. 

L'histoire ? Natacha, bientôt 15 ans, déménage dans un coin paumé en montagne où elle rencontre deux jumelles qui vont changé sa vie. Je vous laisse voir le premier chapitre ? Bon, c'est pas la grande joie, je l'ai écrit en 5ème, il y a 5 ans...


Secrets d'un autre monde

Partie 1

Le secret de Luna

 

Chapitre 1

 

 

  Tout était prêt. Nous pouvions partir pour habiter un petit village perdu dans les Alpes. Je crois que c'était pour le travail de Papa, où quelque chose dans le genre. Je profitai de ce samedi pile au milieu du mois de septembre pour passer chez toutes mes copines de 3e. Elles me disaient toutesque j’allais leur manquer et je leur répondais la même chose. En cette belle journée ensoleillée, j’avançai vers la mer. Il n’y avait encore personne ce matin de début d'automne. Mais je n’allai pas vers la plage, j’allai vers les rochers. Je m’assis sur l’un d’eux et regardais la mer qui reflétait la lumière du soleil. Elle était agitée. Je l’ai regardée longtemps. Des petites vagues se formèrent et les derniers surfeurs de l’année s’avançaient à leur rencontre.

  J’entendis des pas derrière moi. Je jetai un coup d’œil. C’était mes parents. Ils savaient que j’étais là. Ils savaient que les rochers étaient mon refuge. Et encore, personne ne connaissait la grotte. Mais je n'y allais plus depuis longtemps. Depuis ce terrible jour...

  Mon père m’expliqua que nous partions. Je montai dans la voiture et regardai la mer qui s’effaçait à l’horizon. Je ne la reverrais plus. Je quittais Marseille pour de bon. Je ne parlai pas durant le trajet, en rage.

  Nous sommes arrivés à notre chalet une heure en avance. Il n’était pas très grand mais quand même plus que notre appartement à Marseille.

   - C’est là où on va habiter ? demandai-je.

   - Oui pourquoi ? me répondit ma mère.

   - Pour rien.

  J’aimais beaucoup ma mère avec son sourire aux lèvres, ses cheveux blonds soyeux et brillants mais je n’aimais pas lui mentir, sauf quand j'estimais cela nécessaire. Par contre, ce que je n’aimais pas chez elle, c’était qu’elle trouvait toujours quelque chose à dire. Mon père, au contraire, se fichait un peu de tout sauf du football.

  Le paysage était magnifique. Depuis chez nous, on voyait le Mont-Blanc, derrière une ou deux vallées. Mais il parvenait toujours à dépasser les autres montagnes.

  Je montai doucement les escaliers avec ma valise pour aller dans ma chambre. Elle n’était pas très grande et, le papier peint était à refaire. Il y avait seulement un lit, une table de nuit, un bureau et quelques meubles. Heureusement, j’avais de quoi décorer la pièce en attendant qu'on la refasse.

  Comme je n’avais pas envie de ranger, je descendis les escaliers dans l’idée de sortir un peu prendre l’air. Quand je fus dehors, il commença à neiger alors que nous étions au mois de septembre ! À Marseille, la neige n'était pas la bienvenue, c'était sûrement pour cette raison que nous ne l’avions jamais vue.

  Le village n’était pas très grand. Il y avait le strict minimum pour vivre et sortir entre amis (en gros un cinéma...) dans le centre. En vérité, je ne savais pas bien pourquoi j'étais sorti, je n'avais rien à faire dehors, je ne connaissais rien. Alors je rentrai.

  De retour dans ma chambre, je ne fis rien, je ne pris même pas la peine de défaire mes deux énormes valises. En quittant Marseille, tout changeait. Je redémarrais de zéro. Je n'avais plus aucune amie, plus de connaissances. Il me fallait tout refaire. Mais en quittant cette ville, je quittais l'un de mes pires souvenirs. Celui de l'abandon...

  La neige avait cessé de tomber, la nuit s'installait petit à petit, se créant une place dans le ciel, poussant le soleil entre les montagnes.

  Je n’avais pas sommeil. Je regardai alors les informations avec mes parents. Même pas une bonne nouvelle. Guerre, enlèvement… Sauf la météo. Elle n’annonçait pas de pluie mais du beau temps toute la semaine. Pas de pluie, pas de neige. Mais sûrement pas la chaleur accablante du Sud...

 

  Le lendemain, il faisait beau mais froid. La température de montagne, je supposais. Je fus la première au collège. Je me suis présentée à l’intendance et la secrétaire m'a donné mon emploi du temps et le règlement intérieur. Je commençais le lundi  par mathématiques, et comme nous étions lundi, je dus me rendre en salle de maths. Et le pire, c'était que je détestais les maths ! Plus que tout au monde.

  Je me présentai à mon professeur, un homme pas très grand, avec des lunettes toutes rondes et un peu d'embonpoint, quand je vis deux jumelles assises à la même table. Je ne sus dire pourquoi je les avais remarquées. Je crois que c'était parce qu’elles étaient... différentes ? En tout cas, elles étaient belles. Et l'une était l'opposé de l'autre. Certes, toutes deux avaient leurs longs cheveux blonds et lisses détachés. Celle qui semblait plus jeune (pour des jumelles, ça faisait bizarre de dire ça, mais quelque chose rendait l'autre plus mature, plus adulte et sûre d'elle) était habillée très simplement. Elle avait une longue tunique blanche et un jean. L’autre était en t-shirt noir et rouge à manche longue et avait un slim noir. Un peu genre gothique, sans les têtes de mort ou autre crucifix.

  Ce que l’on pouvait remarquer chez elles, et qu'elles avaient en commun, c’était leur humeur maussade. J'ai pensé que ce n'était peut-être pas pour la même raison. Elles ne parlaient pas, ne souriaient pas et ne bougeaient pas comme si elles étaient figées. Hors du temps.

  Je  m’installai tranquillement à la dernière place de libre, au fond à côté d’une fille très joyeuse (tout le contraire des deux jumelles). Ses cheveux châtains étaient en pétard ce qui rendait joli. Elle avait des yeux verts pâles qui pétillaient de joie. Elle m’accueillit très contente.

   - Salut, moi c’est Lola. Et toi ?

   - Natacha.

   - Tu dois sûrement être la nouvelle.

  À ce même moment, le professeur nous rappela à l’ordre afin qu'il puisse commencer son cours sur ces maudites fractions. Déjà que je n'aimais pas les maths, les fractions étaient le pire du pire ! Une chose incompréhensible, inventée par je ne sais qui, rien que pour nous faire avoir de mauvaises notes (bon, j'exagère, mais quand ça parle des maths, rien n'est de trop !).

  La fin de la journée passa à toute vitesse et  j'ai aussi remarqué que les jumelles ne se quittaient jamais. Elles restaient isolées, loin des autres. Aussi bien au self que pendant les cours. Pourtant, elles ne communiquaient même pas entre elles. Elles avaient attirées ma curiosité, et je ferais à présent tout pour mieux les connaître.

 

  Quand je me suis réveillée le lendemain matin, je remarquai, après dix minutes (le temps de me réveiller), qu’il pleuvait. Je détestais la pluie. Cela me rendait d’une humeur chagrine. Et en plus, la météo avait prévu le beau temps ! Petit conseil : ne jamais croire la météo.

  Les cours du matin furent d'un ennui total. D'ailleurs, je me souvenais déjà plus de quoi c'était.

  Pendant le déjeuner, je demandai à Lola :

   - Je trouve les jumelles tristes, non ?

   - Elles ont toujours été comme ça. Et personne ne sait pourquoi.

   - Comment s’appellent-elles ?

   - Je ne sais pas.

  Comment ne pouvait-on pas savoir le prénom de quelqu'un ? Ok, moi je ne savais pas, mais je venais d'arriver !

   - Elles n’ont pas d’amis ? demandai-je intriguée.

  - Ce n’est pas qu'elles n'en ont pas, c’est qu’elles n’ont jamais parlé à personne, même pas au prof. Des asociales, moi je te dis !

   - Pourquoi ?

   - Qu'est-ce que j'en sais !

  Je me tus. Je l'énervai avec les jumelles. Ce n'était pas son sujet de conversation préféré.

   - Oups ! On devrait se dépêcher. Ça sonne dans cinq minutes ! me cria-t-elle.

  Nous sommes allées poser notre plateau et nous avons monté quatre à quatre les escaliers jusqu’en salle de français. Dès que nous sommes entrés en cours, le professeur nous demanda (assez sévèrement) d’aller chercher un billet d’entrée. Il n’était pas très satisfait de notre motif. Le pire c’est que je n’avais pas fait mes devoirs de français, du coup j’ai eu une punition pour le lendemain. Je vous le dis, je fais une super bonne impression à chaque rentrée, devant des nouveaux profs. Une sorte de rituel pour moi d'avoir une mauvaise réputation auprès d'au moins un prof.

  Nous avons eu une interrogation surprise en mathématiques et je n’avais pas révisé. Ce n’était pas mon jour de chance. Mais j'avais l'excuse du siècle : «Je viens d'arriver et j'ai pas eu le temps de rattraper mon retard.» Avec un air de chien battu, s'il vous plaît ! 

  En rentrant chez moi, j’allai faire ma punition et réviser, il pourrait y avoir un autre contrôle surprise. Les profs pouvaient parfois se montrer sadiques.

   - Tu t’ais fait des amis ? demanda ma mère lors du dîner.

   - Oui, une. Lola Beau.

   - Euh… ce soir, il y a un match… commença mon père.

  Cela déclencha une petite dispute. Lorsqu'il y avait un match, mon père monopolisait la télévision et ma mère et moi ne pouvions pas dormir tellement il faisait du bruit. Le plus souvent, il disait cette phrase lorsque ma mère semblait calme, mais il faut se méfier de l'eau qui dort, ou un truc dans le genre (les proverbes non plus n'étaient pas mon truc). Alors je m'éclipsai discrètement, et essayai de m'endormir avant qu'un but ne soit marqué.

 

  Le lendemain matin, j’avais très sommeil et le moral dans les chaussettes. Mon père, lui, était heureux. Je compris vite que Marseille avait gagné. Ma mère n’était pas là, elle était à son nouveau travail. Je pris mon petit déjeuner vite fait.

  Je montai m’habiller et je vis qu’il était déjà huit heures moins dix. J’étais en retard et en plus j’allais au collège à pied. Alors je descendis voir mon père et je le suppliai de m’emmener. Je savais très bien faire l'air du chien battu. Il céda, mais m’avertit que ce serait la dernière fois.

  J’arrivai pile à l’heure. Pendant le cours de science, j’étais assise à côté de la plus petite des deux jumelles. Je me demandai où était… J’avais oublié : nous étions en groupe et  elles n’étaient pas dans le même. Lola, quant à elle, n'était pas de le mien non plus. Ces groupes étaient bizarrement formés. Normalement, ils étaient faits par ordre alphabétique. Or Lola et moi avions un nom de famille commençant par la même lettre. Et oui ! Je m'appelle Natacha Bolit. Bref, je m’assis à côté de ma nouvelle voisine.

   - Bonjour, me dit-elle d’une voix douce. Je  m’appelle Luna.

  Je devais être la première à laquelle elle parlait d’après les précisions de Lola.

   - Moi c’est Natacha.

   - Je suis désolée de n’être pas venu de souhaiter bonne chance pour ton arrivée.

  - Tu n’as pas à d’excuser.

  - Si. Comme moi, quand j’étais nouvelle, personne n’est venu me souhaiter bonne chance et j’ai eus du mal à m’intégrer. Ah ! Le cours va commencer.

  Après les cours du matin, j’entrai avec Lola au self. Nous nous sommes assis à notre table habituelle et je parlais de ce qu’il s’est passé en sciences à Lola.

   - Elle t’a parlée ?

   - Oui.

   - C’est incroyable ! Elles n’ont jamais parlé depuis qu’elles sont là ! Tu as assisté à un grand événement ! disait-elle très excentrique.

  - Lola, soupirai-je, ce n’est pas le plus grand événement du monde. Elle a eu juste envie de parler, c’est tout !

Je remarquai que Luna m’écoutait prendre sa défense alors je changeai vite de sujet.

   - Tu as révisé le contrôle pour demain ?

  Je me tournai vers les jumelles, Luna ne nous écoutait plus.

  Nous n’avons plus parlé jusqu’à la fin du déjeuner. Lors de la récréation de midi, je vis Luna s’approcher de moi.

   - Je t’ai entendu parler de moi, pendant le déjeuner, commença-t-elle.

   - Oh ! J’espère que cela ne t’as pas dérangé.

   - Non, pas du tout. Personne ici n’a parlé de moi comme ça !

   - Pourquoi ? On a déjà parlé de toi ?

   - Oh, oui ! Tout le monde nous trouve bizarre, ma sœur et moi.

   - Je ne vous trouve pas bizarre. Comment s’appelle ta sœur ?

   - Clémence.

  La fin des cours s’annonçait. Les deux sœurs étaient le nez dans le casier à côté du mien. Quel hasard ! Luna et moi, nous étions à côté en sciences et nos casiers étaient côte à côte. Parfois, j'étais bizarre. Tout le monde se fichait de savoir que Luna avait son casier côte à côte du mien !

   - Salut Luna ! Tu descends à pied ?

   - Oui.

   - Tu veux que je t’accompagne chez toi ?

  - Non, désolé. Je dois parler à ma sœur. D’une chose personnelle, tu vois ?

   - Je vois, je vois.

   - Une prochaine fois peut-être ? me proposa-t-elle.

   - Oui, si tu veux.

  En rentrant chez moi, je me demandai à ce que Luna pouvait dire à sa sœur. Elles se voyaient pendant toute la journée.

 

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01 avril 2013

Le parchemin

Le parchemin est l'un des livres que j'écris. J'en suis, au 1er avril 2013, à la page 36. 

L'histoire ? Un parchemin étrange et qui semble dangereux est remis à Coralise. Que cache-t-il ? 


 

Chapitre 1 : Un beau gosse

trop louche

 

 

 

  - Il est trop canon.

  Telle est la déclaration de ma meilleure amie, Aléanice, qui venait une fois de plus de flasher sur un garçon (en l'occurrence, trop canon). Je la connais depuis la seconde et en trois ans, elle avait dit cette phrase une centaine de fois, au moins. Pour tout dire, je ne compte plus depuis une éternité ! Petite anecdote : l'an dernier, elle a failli retaper son année de première car elle avait passé ses épreuves du bac de français et d'histoire les yeux rivés sur un garçon de 1èreS3 au lieu de sa copie. Au final, elle démarre la terminale avec déjà cinq points de retard. Mais ce n'est qu'une anecdote. De plus, elle ne réussit jamais à rester avec tel ou tel garçon trop canon plus d'une semaine, car à chaque fois, elle se trouve un autre garçon trop canon. Bref, c'est un cercle vicieux. Et enfin, le pire à dire, elle a un petit-ami ! Non pas que je traite ma meilleure amie d'infidèle. Non, non. Son petit-ami est l'un des rares (le seul je crois), avec qui elle est restée plus de deux mois ! Apparemment, elle a dû sortir avec tous les mecs trop canon du lycée Jean-Michel, et maintenant, il y a rupture de stock !!

  Je me retourne, afin de découvrir qui se cache derrière le nouveau mec trop canon de ce lycée trop pourri. Mais ce gars-là, c'est vraiment le plus canon que Aléanice n'ai jamais trouvé. Les cheveux blonds comme les blés, coiffés tel un surfeur d’Hawaï, d’une incroyable beauté. Il porte des lunettes Dolce et Gabanna, rien que ça, un blouson en cuir et un jean déchiré au niveau des genoux. On dirait un rockeur des années 70.

  Je ne dis pas de que je suis tombée amoureuse du premier regard ou un truc dans le genre. Au contraire, ce beau gosse me paraît louche. Trop louche, même. Il fait beaucoup trop mystérieux, et après tous les évènements qui précèdent ce jour, je préfère être sur mes gardes.

  Je le regarde droit dans les yeux, histoire de dire « Fait gaffe ». En vérité, je le regarde plutôt droit dans les lunettes. Je sais qu’Aléanice se laisse embobiner par les mecs trop facilement. Et je ne veux pas que ce beau gosse trop louche vienne semer la zizanie. Remarque à part, la zizanie est déjà là, en fait. Et cette vérité me crève le cœur. Il s’est passé beaucoup trop de choses ces dernières semaines.

  Lorsqu’il retire ses lunettes, qui soit disant passant doivent coûter une fortune, ses yeux bleus acier m’hypnotisent et me regardent, m’examinant de la tête aux pieds. Il semble ne regarder que moi, ne voir que moi. Il n’accorde même pas un regard à ma meilleure amie. Il s’approche de nous, avec une dégaine de beau gosse, pour rester dans le personnage, et toujours il me regarde. Il ne regarde pas où il marche, ses yeux sont rivés sur moi et que moi. Il ne les détourne pas.

-         Bonjour, nous salue-t-il en arrivant à nos côtés.

  Mon Dieu, pourquoi donc est-il venu ici, nous saluer nous, alors que nous sommes tranquilles et qu’il y a des centaines d’autres lycéens, et filles, si tel est son but ?

-         Salut, répond Aléanice d’un ton que je connais que trop.

  Ce ton si spécial, c’est quand un garçon lui plaît et qu’elle veut sortir avec lui et donc qu’elle fait sa dragueuse avec sa petite voix mielleuse, qui me dégoûte. Si je ne connaissais pas Aléanice comme je la connais, c’est-à-dire  un peu fofolle et marrante, je la prendrais pour une fille de genre de Chloé, un peu pétasse et qui se la pète avec un sac à main Louis Vuitton et limite le chihuahua sous le bras. Du genre Paris Hilton. Sauf qu’Aléanice n’est pas blonde, ni n’a la peau blanche comme un linge. Au contraire, elle a la peau noire et les cheveux tout aussi noirs, qui retombent en une énorme natte dans le dos.

-         Bonjour, je dis en ne le regardant même pas.

  Je n’aime pas ce gars, alors je ne vois pas pourquoi je lui parlerais poliment. Il n’a qu’à partir, s’il n’est pas content !

-         Excuse-la. Elle est un peu perturbée depuis le tragique accident qui s’est passé, explique Aléanice.

  Un peu perturbée ?! Perturbée ?! Ma mère est morte ! Quasiment sous mes yeux. Ma mère adorée… Et depuis, je suis obligée de vivre chez mon père et sa blondasse de chérie.

-         Je suis vraiment désolé, je ne savais pas, s’excuse-t-il.

  Je sens à mes côtés qu’Aléanice est totalement sous le charme de ce bel inconnu. Suis-je la seule à trouver qu’il essaye de faire le tout gentil en s’excusant tout mielleux. Il est louche, tu es louche, beau gosse, et je ne te sens pas, alors va tenter ta chance ailleurs et ne t’approche pas d’Aléanice.

  Si seulement j’avais eu le courage de le lui dire en face.

-         Comment deux jeunes filles aussi jolies ne nomment ?

  Mon Dieu. Tout ce qu’il ne faut pas dire. Aléanice ne va pas arrêter de parler de lui. Si vous êtes un beau gosse, ne jamais dire à mon amie qu’elle est jolie. Après, vous êtes harcelé au point d’en devenir dingue et c’est foutu d’avance… D’ailleurs, elle glousse comme une débile.

-         Moi, c’est Aléanice, lui répond ma meilleure amie sur le même ton de dragueuse.

-         Quel prénom peu commun…

-         Et ouai, je suis hors de commun.

  Sa tournure de phrase laisse penser à beaucoup d’interprétations.

  Il se tourne vers moi et me regarde dans les yeux. Ses yeux acier me traversent l’âme comme un poignard. J’ai l’impression affreuse qu’il lit en moi, s’approprie mes souvenirs, mes sentiments, mon âme…

-         Et toi ?

  Je ne lui réponds pas. Je ne veux pas lui parler. Je n’aime pas parler aux gens et je n’aime pas y être obligée. Qu’est-ce que mon nom peut bien lui faire ?

  Voyant que je ne réponds pas, Aléanice me pousse du coude.

-         Allez, Cora, fais pas ta timide.

  Mais rien. Je refuse de parler.

-         Elle s’appelle Coralise. Mais ne t’inquiète pas, elle n’est pas muette, c’est juste qu’elle est un peu réservée et parfois froide. N’est-ce pas, Cora ?

-         Moui…

-         Et toi, tu t’appelles comment ?

-         Gaétan.

  Gaétan. Le beau gosse trop louche s’appelle Gaétan. 

 

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Demande en mariage

Ma quatrième battle s'est faite contre Lehanna et la containte était de parler du point de vue du fiancé et que le début se fasse avant que la fiancée arrive. 

 

L’arbre de la falaise



__J’arrive beaucoup plus tôt que prévu. Je lui avais donné rendez-vous à la tombée de la nuit, mais le soleil entame à peine sa descente dans la mer. Et je sais qu’elle arrivera en retard. Hélène a toujours été longue à se préparer, coiffant sa chevelure blonde et rebelle que j’aime tant, maquillant son si beau visage, se parfumant, se regardant une dernière fois dans la glace, changeant quelques détails… Et elle n’est jamais pressée. Mais si elle savait ce que je voulais lui demander, elle serait là depuis l’aube. 
__Je n’ai pas choisi cet endroit par hasard. C’est là que nous avons vécu notre premier baiser, sous une nuit étoilée d’hiver il y a voilà trois ans. Jour pour jour. 
__C’est aussi un endroit très important pour elle et moi. Elle y venait souvent, tous les jours même, avec sa sœur cadette. Cet endroit signifie tout son amour pour cette sœur aimée. Ainsi que son amour pour moi. C’est aussi là qu’elle vient lorsqu’elle a des doutes, que la peur l’envahit. Elle se sent bien ici. Tout comme moi. Cet endroit sur la falaise surplombant la mer turquoise et infinie, cet endroit qu’avait choisi un arbre solitaire pour s’y accrocher de toutes ses forces. Je n’ai jamais été heureux lors de ma vie avec ma mère et mes frères et venir ici signifiait pour moi la liberté, la joie de vivre. Je pouvais enfin être moi-même ici. Cet arbre me représentait - s’accrochant à la vie par cette falaise - il y trois ans, lorsque la seule chose qui me retenait, moi, à la vie, était Hélène… Mon seul amour. Elle a bouleversé ma vie à jamais et ce soir, je scellerais mon destin au sien.
__Le soleil est déjà de moitié dans l’eau bleue qui se teinte d’une magnifique couleur brune et orangé. La teinte se répercute sur le fin manteau de neige qui recouvre le sol et l’arbre. J’ai toujours aimé cet endroit l’hiver, sous la neige. Il n’en est que plus beau qu’en été. 
__Une brise froide vient mordre ma joue et fait voler mes cheveux noirs, apportant avec elle l’odeur de l’air marin, air salé qui chatouille mes narines et me vide de mes tensions quotidiennes tel un baume réparateur. Cet endroit est vraiment la solution de mes problèmes. Depuis et pour toujours.

__Enfin, alors que je regarde la lente progression de l’astre chaud dans l’eau qui semble éteindre son brasier ardent, je sens une présence dans mon dos. C’est elle. Je le sais. Je le sens. Chaque fois qu’elle est proche de moi, mon cœur bat la chamade, je ne peux m’empêcher de sourire. Chaque fois qu’elle est proche, je me sens bien. Plus rien ne compte à par elle, j’oublie le reste du monde, il n’y a qu’elle, quelque chose change dans l’atmosphère. Comme si il émane d’elle une essence magique. Elle dit souvent que c’est parce que nous sommes des âmes sœurs. Elle dit que telle est la magie des âmes sœurs : plus rien ne compte à part elle dès la première rencontre. Je ne crois pas à la magie, ou du moins, je suis plutôt septique à ce sujet, mais je crois en cette magie des âmes sœurs. Tout est si différent lorsqu’elle est près de moi. Ses paroles ont le don de m’apaiser, son rire cristallin de me porter dans un autre monde. 
__Je ne me retourne pas, je la laisse s’approcher à mes côtés. D’un geste doux, elle joint sa main à la mienne et regarde les étoiles qui apparaissent chaque seconde de plus en plus nombreuses, jusqu’à devenir des milliards. Je pourrais rester dans ce calme infini pour toujours, nos mains ainsi jointes, repoussant chaque minute qui passent le moment de le lui demander. Mon autre main serre de toutes ses forces l’écrin noir, tremblante. Mais prenant mon courage à deux mains, je me tourne vers elle, lui prends sa deuxième main et y dépose l’écrin. Elle sourit. Je souris à mon tour. Des nuages s’échappent de nos bouches à cause de l’air froid.
__- Hélène… 
__Elle me regarde dans les yeux et je ne peux soudainement plus rien dire, je ne peux plus continuer ma phrase. Ses yeux si bleus… Depuis notre première rencontre qui a été un jeu de regard entre nous, je ne cesse de me plonger dans ces yeux bleus océan, à un tel point que l’on pourrait les confondre avec l’océan. Je ne cesse de me plonger dans cet océan qu’est ses yeux. Elle sourit, faisant plisser ses yeux, les rendant encore plus beaux. 
__Douce, attentionnée, elle pose un doigt léger sur mes lèvres, avant de le faire glisser jusqu’à mon menton. Elle se met sur la pointe des pieds pour me donner un baiser tendre et bref sur la commissure de mes lèvres. De ce simple geste, elle m’indique qu’elle a lu dans mon regard la demande si importante et je veux lui faire. Nous ne pouvons rien nous cacher l’un de l’autre. De ce simple geste, elle m’affirme que c’est oui, qu’elle souhaite elle aussi m’épouser. Mon cœur se remplit de joie, pareil à ce même jour où je l’ai embrassé pour la première fois. 
__Je replace une de ses mèches rebelles d’un blond vénitien derrière son oreille et caresse son si beau visage. Lentement, elle vient poser sa main droite sur la mienne pour la ramener vers mon corps, tandis que ma bien-aimée recule, me tenant toujours la main. Elle finit par la lâcher et celle-ci retombe mollement sur ma hanche, et mes yeux toujours plongés dans les siens, je les vois devenir ternes, brumeux, éteints, vides. Vides d’émotion. Tout son corps devient ainsi et dans un souffle de vent, elle devient poussière dorée, emportée loin de moi par la brise glaciale.
__Elle n’a été qu’illusion. Elle n’est pas là. Elle ne l’est plus. Voilà un an jour pour jour que je viens ici, et que je la vois, que je la sens, que je sens ses lèvres chaudes contre les miennes le temps d’un instant, d’un soupir. Voilà un an que je me repasse cet évènement qui aurait dû changer ma vie. Mais en venant à cet endroit, il y a un an, la Mort me l’avait prise. 
__Pour toujours. 
__Alors je ramasse l’écrin que j’ai laissé tomber à terre, m’approche de l’arbre qui représentait tant pour nous et jette la bague, symbole de notre amour dans la mer, où il coule… 
__Pour toujours.

 

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Le pouvoir du vent

  Imaginez la mer, le sable fin, des palmiers, des feuilles tombant devant vos yeux.

  Imaginez un hamac accroché entre deux immenses palmiers, au-dessus d’une falaise.

  Imaginez le bruit des vagues s’écrasant sur les rochers pour y venir mourir, le chant des criquets cachés de-ci de-là dans les fourrés.

  Imaginez l’odeur de l’air marin chatouiller votre nez, sentez-le vous laver de vos désespoirs, de vos soucis.

  Imaginez le vent chaud et doux soufflant, encore et encore, comme jamais essoufflé, jamais las de faire voler vos cheveux.

  Imaginez le calme de la solitude, laissez-vous porter par le vent dans le monde des rêves.

  Imaginez tous les secrets, tous les mystères que peuvent recéler ces eaux turquoise.

  Imaginez… 

plage

Posté par mawleo à 23:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]